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Accueil du site > Infos pratiques > Société | 28 avril 2009

Mobilisation pour le logement

Le dernier rapport de la fondation Abbé Pierre du 3 février 2009, annonce 3 498 800 personnes en situation très grave de mal-logement : à la rue, en caravane, dans des bidonvilles, à l’hôtel, etc. À ceux-là, s’ajoutent 6 617 000 personnes vivant dans des conditions difficiles ou en grande fragilité pour se maintenir dans un logement décent (difficultés à payer le loyer, vie en copropriété dégradée, hébergement familial, etc.). Au moins 10 115 800 personnes en France connaissent des problèmes de logement soit plus de 15% des 65 millions d’habitants.

Face à ce désastre, la « loi de mobilisation pour le logement » de la ministre du logement Christine Boutin montre plutôt la démobilisation de l’Etat. La part du budget logement baisse en 2009 de 7% ; baisse « compensée » en ponctionnant de 800 millions d’euros les caisses du 1% logement… qui auraient du servir à construire des logements pour les salariés ou à les aider à se loger !

Le livret A (130 milliards d’euros) sert à financer les entreprises (PME) et les banques. Géré à l’origine par la Poste et la Caisse d’épargne, il servait par le biais de la caisse des dépôts et consignations à la construction de logements sociaux. Désormais l’utilisation et la redistribution de l’argent récolté, dans ce cadre par les banques privées est plafonnée. Il y aura moins d’argent pour la construction de logements sociaux. Il sera placé sur des marchés plus « rentables ».

Dans les années 1950 à 1970, où les ménages ont vu leurs conditions de vie et de logement s’améliorer réellement, les banques n’assuraient que 21,7% des crédits au logement et l’Etat 59,7%. L’Etat soutenait le logement en construisant (jusqu’à 500 000 logements par an), en finançant des prêts et surtout il administrait et aménageait l’ensemble du territoire national (réseaux de transports, aide au développement local, plans quinquennaux, etc.). Il faisait le marché de l’immobilier, dessinait les villes et les territoires, tout en logeant massivement les plus démunies. Depuis la fin des années 70, il s’est désengagé, vendant peu à peu son patrimoine, privatisant les sociétés HLM et laissant le marché privé construire, réguler et gérer. Bilan : une dégradation du logement des ménages et une augmentation de la part du revenu consacrée au logement, aujourd’hui, premier poste de dépenses, devant la nourriture.

Pour peser sur le marché immobilier et à long terme lutter contre la spéculation, l’Etat doit retirer le livret A des griffes des banques, redévelopper et contrôler les moyens de financement du logement et de sa politique, renationaliser les offices HLM et contrôler les prix du foncier. Au lieu de cela le gouvernement prône comme solution à la crise du logement, l’accession sociale à la propriété, notamment avec la maison à 15€ par jour. Proposer en période de récessions aux ménages d’acheter est plus qu’incohérent, c’est irresponsable. Combien vont s’endetter à vie ? Combien deviendront véritablement propriétaires de leur logement ? Combien leur restera-t-il pour vivre et se nourrir ? L’accès à la propriété pour tous est impossible et illusoire. La crise immobilière des Etats-Unis le prouve.

Madame Boutin en a perdu sa boussole. Après avoir annoncé en o c t o b r e , l’obligation pour les offices HLM de vendre 40 000 logements sociaux par an, leurs occupants, pour qu’ils accèdent à la propriété ; en décembre, elle proposait de racheter au privé 30 000 logements invendus. Pas pour aider les m é n a g e s modestes, mais pour soutenir l’immobilier !

Elle fait voter une loi pour raccourcir les délais d’expulsions, puis annonce des mesures pour les éviter. Elle réduit l’accès au logement social en diminuant le plafond de revenu permettant d’y accéder, les réservant aux plus pauvres des plus pauvres. Rendre inaccessibles aux « smicars » l’accès aux logements sociaux aux loyers les plus bas (type PLA-I) prépare pour le futur des quartiers qui concentrerons toute les misères du monde. Si des ménages ayant des revenus convenables restent dans le logement social, c’est que les loyers du privé sont inabordables.

L’Etat pour garantir le logement de tous doit donc construire des logements accessibles à tous les ménages afin de permettre réellement l’application de la loi « Droit au logement opposable ». Yannick Henrio


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